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De culture en culture, le monde de demain tel un chemin

D’ici et de là bas, deux regards sur une même réalité. Partir, revenir mais pas vraiment.

Avoir deux chaussures différentes, erreur ou porte bonheur ? Vivre entre deux horizons, différents, et pourtant si proches qu’il est possible à chaque instant de les toucher tous deux d’une simple pensée.

Au fin fond du métro parisien, quelque part dans les couloirs sombres de ce train souterrain, une voix de soleil, Bassa ou Peul ici perdu ou vivant, illumine le froid de l’hiver d’un soleil venu d’ailleurs. Personne pourtant n’aura remarqué ce rayon, sauf quelques privilégiés, âmes vagabondes ayant un jour côtoyé ces cultures voisines si lointaines.

La rencontre entre deux terres, deux cultures, où chacun apporte ce qui manque à l’autre, ce qui lui permet de trouver un équilibre et de ne pas pencher, de ne pas perdre de vue, dans les tourments de l’actualité, que ce monde est fait de diversité.

Le monde n’est pas fait d’individus, il est fait d’échanges, de partages, d’autres regards qui chaque jour s’entrecroisent pour créer demain, parce que demain, justement, est une alchimie non encore découverte.

Les hommes sont faits de voyages et parfois l’on se prend à rêver de grands espaces perdus, lointains, dans lesquels s’aventurer sans peur, sans doute, avec pour seul guide les rencontres le long de la route, regards croisés, paroles échangées.

Le métissage est l’avenir de l’humanité. Depuis des millénaires le monde avance par le courage de ceux qui ont un jour osé aller vers l’autre, le comprendre, tenter avec difficulté de communiquer sans forcément avoir autre chose en commun que cet ADN qui nous rend si humain. Mais nous avons en nous tant à offrir, nos cultures, nos passions, nos langues, nos vies et nos passés. Il n’est pas un seul moment où cette richesse ne saurait rester en nous au lieu d’être distribuée car elle est échange et rencontre entre deux êtres.

L’autre est nous, il est ce que nous n’avons jamais été et ne serons jamais, mais il a en lui ce qui fera de nous demain un autre qu’aujourd’hui. C’est cette culture accumulée au fil des années, cette curiosité et cette capacité à aller de l’avant qui font que chaque jour des milliards d’échanges sont créés et font avancer l’humanité. Notre histoire est celle de ces croisements innombrables qui font que demain sera un jour nouveau, apportant son lot de cette magie qui au fil des années ne saurait s’épuiser.

Ce que nous avons, c’est cette culture que nous apportons à l’autre, ce que nous pouvons, c’est ce que chaque jour nous lui donnons. Et il ne saurait en être autrement, même si le bruit ambiant de nos peurs actuelles laissent voir l’autre comme étranger menaçant.

Alors de grâce faites don à l’humanité de ce cadeau que vous portez en vous, parlez vos langues, vivez vos cultures, un simple bonjour, mè yéga, djam na, ou hello souriant sera un cadeau pour ensoleiller une journée par ces rudes froids d’hiver.

La peur se combat par le courage, et ce courage est en chacun de nous. Il est ce qui empêche et a toujours empêché de contrôler les hommes, ce qui fait que aujourd’hui la fraternité est plus forte que la volonté imposée. Il ne tient alors qu’à nous de la protéger et la faire vivre pour que continue à perdurer cette humanité que nous devons encore chaque jour inventer.

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Open Space Makers à la Maker faire Paris 2018

Du 23 au 25 Novembre 2018, les murs de la Cité des Sciences à Paris ont vibré au rythme des centaines de makers venus montrer et même démontrer leur savoir-faire au grand public.

Tout comme bon nombre d’autres groupes de makers, la fédération OPEN SPACE MAKERS a pris part à cet événement.

Il est important de rappeler que la fédération est une initiative du CNES qui vise à ouvrir le monde de l’infrastructure spatial au plus grand nombre pour que chaque citoyen puisse ancrer son action dans une démarche de création d’un monde futur. L’idée est de développer des connaissances et produire du matériel spatial de manière collaborative, ouverte et responsible. La fédération s’adresse aux FabLabs, Makerspaces, hackerspaces et autres lieux de mise à disposition d’outils de fabrication collaborative, ainsi qu’au grand public qui a envie de contribuer directement à la création d’infrastructures pour relever des défis sociétaux comme la protection de la planète, permettre à l’humanité de vivre un jour dans l’espace ou tout simplement donner forme à ses rêves.

La participation au MAKER FAIRE PARIS 2018 était une belle occasion pour les membres d’étaler leur motivation, de prouver que leur fédération a toutes les raisons d’être et aussi, de présenter le milieu des amateurs de projets spatiaux en France et en Europe qui est d’ailleurs encore très confidentiel. Il s’agissait aussi de présenter les activités de la fédération non seulement à travers des rencontres avec le grand public et avec d’autres associations telles que la RFF, TRIPOLI, ROCKETRY FRANCE qui ont manifesté un grand intérêt face à ces activités, mais aussi et surtout à travers un atelier de démonstration qui a permis d’exposer deux fusées et un système de transmission radio.

Plusieurs parents ont manifesté leur désir de trouver des projets spatiaux pour leurs enfants afin de les y intéresser. Plusieurs FabLabs ont également visité le stand de la fédération : d’aucuns pour voir les nouvelles, d’autres pour inviter à faire des présentations dans leurs associations.

Des échanges fructueux portant essentiellement sur la réglementation française en vigueur ont également eu lieu entre les membres de la fédération et des personnes exerçant dans le domaine spatial. Le stand a accueilli des journalistes qui ont proposé de faire des entrevues sur la fédération et FUSEX au sein de l’Electrolab qui abrite ladite fédération.

Non classé, poèmes, réflexions

Dans la brume

Au lever ce matin, voyage lointain, brume matinale. Des milliers de kilomètres pour deux villages jumeaux, perdus dans l’imaginaire de celui qui les traverse. Liberté de voyager au gré de ses envies, au fil de ses pas. Des couleurs diffuses qui infusent dans l’esprit de celui qui choisit de laisser voguer ses pensées dans les méandres glacées d’un chemin escarpé.

La brume rapproche, la brume éloigne, elle éloigne la réalité pour mieux laisser place aux pensées. Elle rapproche les esprits pour mieux éloigner le quotidien. Le monde se dissout lentement à chaque pas, les sons sont proches et lointains, inquiétants et enveloppants, le flux diffus de l’astre du jour créé des dégradés de lumière, mondes parallèles vivant au gré du regard de celui qui saura s’y attarder. Elle l’invite à la pensée, à l’oubli, à avancer dans un rêve qui semble ne jamais vouloir se dissiper.

Le monde immense laisse alors aux deux voyageurs de la brume l’occasion de se rencontrer, de partager ce moment commun de méandre, de pensée. un nouveau monde est créé, qui finira bien par se dissiper une fois la brume levée. Mais dans les pensées de nos deux voyageurs seront restés ces moments partagés à tout jamais …

réflexions

Travail, confiance, motivation

Un matin comme un autre, sur le quai du métro. Le panneau annonce quelque minutes avant le prochain train. Un entrain de chaque matin, au petit lever du jour, se lever et aller chaque journée contribuer à l’avancement d’un projet et à la réussite d’une équipe en toute confiance en dans une bonne ambiance. Motivation ? eh oui elle n’est pas un gros mot, une exception mais le quotidien de millions de travailleurs qui cherchent chaque jour à donner le meilleur d’eux mêmes pour que la vie de de tous en soit améliorée et par envie de développer un domaine qui leur plait.

La motivation et l’engagement d’une équipe sont des victoires, pas de devoirs, elle sont acquises au terme de nombreux efforts pour créer un environnement et un mode de travail conduisant à la réussite et l’échange en toute confiance d’information. De nombreuses expériences ont déjà été menées, de nombreuses tentatives, plus ou moins fructueuses ont été réalisées pour réussir à obtenir le meilleur de ceux qui travaillent chaque jour avec nous ou contribuent à la réussite de nos projets. S’il est vrai que le confort financier et la capacité à choisir comptent pur beaucoup, d’autres éléments sont également extrêmement importants. Demandez, à chaque fois que vous vous séparez d’un collaborateur ce qu’il a gagné au cours de l’échange ou du travail avec vous, demandez-vous si chacun de vous deux a pu venir à cet échange dans de bonnes conditions et ce qui serait à améliorer pour que a prochaine itération puisse voir lieu dans de meilleurs conditions. Cela s’appelle empathie, feedback, volonté d’amélioration continue, ou tout simplement parfois optimisation. Dans tous les cas cette démarche fait partie intégrante du travail de chaque journée, ce moment de réflexion, d’assimilation, est aussi important que la production brute résultant d’un travail.

C’est la raison pour laquelle passer des heures dans les transports, puis des heures en réunion, puis des heures à attendre une approbation conduit à un manque de confiance et d’engagement au sein des équipes et donc à une basse des rendements voir à la démission pure et simple d’une partie des équipes dans certains domaines. Or aujourd’hui la  loyauté, si chère à la génération précédente, ne fait plus partie des valeurs nécessaire à la réussite d’une carrière professionnelle : les différents plans sociaux et l’instabilité croissante du marché de l’emploi, associés à la pénurie croissante de personnel dans les domaines techniques, ont conduit les jeunes à préférer un cadre de vie plus profitable, et surtout une certaine liberté d’agir à une sécurité associée à une forte rémunération. La volonté pour certains d’entre eux de pouvoir s’engager dans plusieurs domaines en parallèle doit être vue comme un avantage et non plus comme un manque de contrôle. C’est dans ce cadre que le management par objectifs, associé à une liberté croissante de petites unités de travail, peut apporter un avantage concurrentiel conséquent à l’entreprise qui chercher à tirer le meilleur de ses collaborateurs. Ceux qui viennent travailler avec vous n’ont pas forcément besoin de vous, ils n’ont même parfois pas forcément besoin de travailler au moment où ils choisissent de le faire. C’est à vous de faire que le moment que vous allez trouver pour faire avancer votre projet commun soit le plus optimal possible, et que chacun aie atteint ses objectifs à la fin. Chaque participant à une tâche vient avec ses aspirations propres : apprendre quelque chose, produire un résultat, être valorisé, se faire un nom dans un domaine, … Ce que vous pensez être l’objectif commun n’est alors finalement que le déclencheur du travail en cours. Un manque d’attention vis-à-vis des petits détails conduira à une baisse de l’engagement et de l’attention de la part de ceux qui se sont déplacés dans un but précis, mais aussi par conviction d’un gain partagé.

Cet état d’esprit ne doit pas venir simplement des dirigeants, mais également de chacun des collaborateurs qui se doit de, et qui doit pouvoir bien sûr, prendre le temps de reconnaître les flux de motivations entre les différentes personnes mais aussi entre les différents groupes de personnes. C’est un fait qui aujourd’hui transforme fortement nos société et nos modes de travail : la montée des incubateurs, des groupes de travail et des projets collaboratifs, accompagnés de la place de plus en plus importante des indépendants dans les équipes de travail montre bien que ce qui compte aux yeux de beaucoup n’est pas la place, mais le réseau construit et ce que l’on peut en tirer. Et finalement c’est une bonne chose non ? Plus humaine, plus pragmatique, la société ne pourra qu’en devenir plus tournée vers ce dont elle a vraiment besoin, laissant de a place à l’entraide et à l’engagement individuel parfois en délaissant la course à la carrière et au salaire hérités de la société des valeurs de la société de consommation.

Dans tous les cas il ne tient qu’à chacun de nous de faire cet effort de bienveillance et de compréhension pour que le monde du travail que nous souhaitons soit celui que nous sommes en en train de construire.

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la suite ? Qui sait …

De retour au pays, de retour à Paris, avec toujours deux fidèles valise. Il faut dire que c’est un petit volume mais que de souvenirs dans ces deux parallélépipèdes à roulette. En près de trois ans elles ont parcouru pas lois de 30 000 kms entre l’Europe et l’Afrique, en avion, bus, train, moto et bien sûr à roulette … elles ont bine mérité une bonne retraite mais non, c’est déjà reparti pour une autre aventure, de nouveaux projets.

Finalement il devient intéressant de se demander ce qui nous retient lorsque l’on dit « je ne peux pas ». Il est tellement facile de ne pas faire dans nos sociétés actuelles, de laisser le temps décider pour nous. Non pas que ce soit une mauvaise chose mais il faut se rendre à l’évidence : la recherche de a nouveauté sous entend forcément une destruction à plus ou moins grande échelle de ce qui a existé auparavant. C’est un abandon volontaire d’une partie  de la vie que l’on a à un moment donné pour réaliser quelque chose de nouveau. C’est quelque chose qui ne pourra se faire si l’on réfléchit trop, et qui ne pourra pas se faire correctement si l’on ne se prépare pas assez. Vous allez donc forcément me dire : comment trouver le juste milieu alors ?

Excellente question à laquelle j’ai envie de vous répondre : commencez par supprimer ce qui vous permettra de renoncer, petit à petit. C’est un exercice qui tient autant du monde réel (acheter un billet d’avion, envoyer un préavis de départ), que du fait de se préparer mentalement en « vivant » dores et déjà cette nouvelle vie. On dit que ceux qui réussissent ont toujours une étape d’avance et donc savent ce qu’ils veulent. Effectivement la perspective d’une nouvelle étape permet de mieux vivre les problèmes quotidiens et de les voir comme de simples étapes qui bientôt feront partie des souvenirs.

Pour avancer, il faut regarder devant, loin devant. Vous allez alors forcément trébucher, parfois en ayant l’impression d’échouer. Mais rappelez vous que ce qui a guidé vos décisions est la seule chose qui compte vraiment dans votre vie : votre liberté de choix. N’oubliez pas non plus que vous partez avec quelque chose qui n’a pas de prix : votre expérience, et quelque que soit le résultat de ce que vous allez entreprendre, vous reviendrez en ayant gagné en expérience. C’est cela qui fera de vous ce que vous serez dans quelques années et rien d’autre. Et les deux petites valises que vous aurez avec vous vous paraîtront alors bien denses, bien chargées de matériels qui vous ralentissent un peu. C’est en ayant confiance en l’avenir que l’on peut déterminer ce qui dans nos vies vaut la peine d’être conservé et pour lequel nous devons faire des efforts. personne ne pourra jamais vous obliger à porter une valise qui n’est pas la vôtre.

Ma prochaine étape ? Qui sait, elle se présentera sûrement bientôt, chacune des expériences passées me permettra de l’identifier comme une opportunité.

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Au foyer !

Tu fais quoi dans la vie ? Avocat, médecin, prof, patron ?

Nope nope nope, je me lève tous les matins pour préparer le terrain, que toute l’équipe n’aie pas faim.
Je fonce ensuite préparer le match du jour avant même qu’ils ne soient réveillés
Petit déjeuner au top, sacs bien rangés, vêtements bien préparés,
Ils auront tout à disposition au moment où je vais les réveiller.

Coach à plein temps pour les motiver, pasteur de chaque instant pour que toujours ils soient rassurés,
Dès le départ de leur course je ne pourrai m’empêcher d’être toujours inquiet.

Eh oui, chaque pas pour eux est le résultat d’un long apprentissage,
Chaque réussite est aussi un peu la mienne,
Chaque fois qu’ils chutent je tombe un peu avec eux, pour mieux les aider à se relever.

Quinze heures par jour, sept jours sur sept, sans vacances, sans latence,
Mes patrons jamais ne me proposent une augmentation ou un entretien annuel
Pas de promotion, pas d’évolution, ma carrière est celle de tous ceux qui avant moi ont pratiqué ce métier.

Mais contrairement à vous qui dans vos grands bureaux vous ennuyez,
Qui vos enfants jamais ne verrez, vous qui êtes bien trop occupés,
A penser à la manière dont vous aller pouvoir vous « développer »,
Moi ma grands satisfaction est de les voir chaque jour,
De recevoir chaque matin leur bonjour,
De me dire que quand même la vie nous jour de sacré tours.

Alors quand vous me demanderez quel est mon métier,
Bien enveloppé dans ce titre qui vous fait tant vous pavaner,
Moi je vous répondrai tout simplement avec fièreté,
Que je suis parent au foyer.

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De l’écosystème de la non violence

Dans notre société actuelle où, de plus en plus, la seule possibilité semble être le recours à la violence, il est important de passer un peu de temps à réfléchir à ce que sont réellement les facteurs de violence et les alternatives que l’on peut leur opposer.

Depuis le début de notre éducation, nous basons notre monde sur les contraintes, les limites, le besoin de marquer des différences entre ce qui est soit disant bien et ce que l’on nous décrit comme mal. Cet aspect se ressent lorsque l’on demande un travail artistique aux élèves : combien produiront alors une oeuvre différente, originale, et pas un dessin ressemblant à ce qu’ils ont déjà vu ? Comment alors ne pas se douter qu’en leur enseignant avec autorité et parfois une certaine violence un ensemble de règles, parfois même en enseignant le fait que le monde d’aujourd’hui n’est que le résultat de guerres, de conquêtes, de colonisations et donc de violences, pourrions nous espérer que nos enfants fassent de la paix et de la douceur des valeurs au dessus de tout le reste. Comment espérer alors que le développement durable, le respect de l’homme et de la nature, ne prennent le pas sur la tendance de la société à détruire, entrer en conflit, créer de la différence et du rejet ? Il est clair que, à la fois dès l’école, mais aussi tout au long de notre vie, nous nous devons d’explorer de nouveaux modèles de société.

La non violence est un mode de vie, une éthique que l’on peut appliquer à chacune de nos actions, à chaque moment de notre vie. Actions simples ou changements progressifs, jamais brusques. Elle s’exprime dans la médecine, l’éducation, la relation avec son corps, mais aussi dans la manière de vivre en société et avec la nature au travers de la résolution des conflits et de l’agriculture. Elle est finalement un choix : celui de considérer que dans la recherche d’une solution, le facteur temps comptes moins que la manière d’atteindre l’objectif et que la limitation des dommages collatéraux est une constante dans la recherche d’une pensée globale.

Pourtant depuis plus de 3000 ans, les hommes ont appris à écouter la nature, à la respecter, à vivre en harmonie avec elle sans y puiser plus que ce qui est nécessaire. La nature n’est pas capable de violence, elle a été conçus comme un tout capable de se réguler. En cela le lion tuant sa proie ne constitue pas une violence mais une action de régulation des populations des différentes espèces de la chaîne alimentaire. Il en est de même pour les épidémies qui interviennent lorsque la concentration des individus dans un même lieu géographique devient trop élevé. Mais que dire de l’action humaine alors ? Que peut-on dire de la mondialisation, des guerres, de l’utilisation de la chimie pour transformer la nature ? Avec la « révolution » industrielle et le néolibéralisme nous sommes entrée dans cette phase d’hyperconcentrations des richesses, mais aussi des agressions contre les hommes et la nature. Si nous avons gagné en compréhension des mécanismes de la nature, si nous avons appris à classer, analyser, comprendre et parfois soigner ou optimiser, nous avons perdu une des capacités indispensables à la réussite de la mise en place d’un écosystème au sens large : la patience et l’acceptation que certaines choses se font sans nous, depuis toujours. Nous avons oublié que les choses souvent se font d’elles mêmes et que le seul pouvoir que nous avons est de les influencer légèrement et temporairement pour nous permettre d’obtenir ce que nous voulons. Lorsque cette tentative est trop brutale, la réaction de régulation de la nature devient dangereuse non pas pour l’écosystème, mais bel et bien pour nous mêmes car en aucun cas nous n’avons le pouvoir de changer le temps que mettent les choses de la nature à se construire dans le but de durer. Il en va de même des relations humaines et sociales, mais aussi de la médecine : difficile en effet de nier que l’homme a besoin de temps pour intégrer un concept, et que, en fonction du contexte, ce temps ne sera pas toujours le même.

C’est donc à l’humain de s’adapter à la nature, et pas l’inverse, et c’est cette démarche que certains expriment aujourd’hui par des termes comme la médecine douce, la permaculture, la non-violence, et certaines notions plus récentes comme la mindfullness. Loin d’être une série de mouvements isolés, toutes ces tentatives de combattre le modèle actuel de société son en fait reliées par une volonté de respecter les rythmes naturels, de les intégrer non pas pour avoir plus, mais pour mieux vivre ensemble avec notre environnement. Et les effets sont souvent au rendez-vous : résultats scolaires améliorés, plus grande créativité, taux de stress et donc de maladies moins élevées, et surtout un bonheur ressenti bien plus grand à partie des mêmes éléments de base.

Ce qu’il est intéressant de remarquer c’est l’absence d’ouils tels que le numérique dans ces démarches. En effet la technologie, la science, les religions, sont des outils et des constructions qui sont souvent perçues très différemment suivant les populations. Un exemple personnellement vécu est celui de notre tendance en Occident à vouloir classer, ordonner, optimiser, afin de nous sentir entourés d’un cadre rationnel. Ce cadre n’a en Afrique, du moins la plupart du temps, pas de sens. Il n’est que le reflet de notre histoire et des choix qui ont été faits d’abandonner certaines pratiques plus anciennes pour en adopter d’autres. Les Africains ayant fait d’autres choix au cours de leur histoire, il est donc naturel de s’attendre à trouver une autre manière de construire ce cadre. C’est en effet le cas lorsque l’on remarque la présence très forte des traditions et des usages, plus ou moins visibles suivant les ethnies, concernant la nature, la médecine, la conservation de certaines religions animistes, et bien d’autres éléments qui régissent la vie de ceux que j’ai pu croiser sur mon chemin. Certaines constantes restent par contre, telles que l’envie de mieux vivre, de mieux coopérer avec la nature, de mieux vivre avec les personnes qui nous entourent. Et l’on retombe ainsi sur ces différents « projets » qui sont petit devenus des disciplines, ceci parfois depuis des millénaires, parfois depuis une époque très récente.

Dans les articles suivants nous parlerons plus en détail de ces diverses mouvances, restez connectés 😉

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EPISODE 2

TILA

TONTA

Me voici à Liège.

Malgré toutes les prières que j’ai élevées au ciel pour avoir un quelconque problème qui m’empêcherait de voyager, j’y suis tout de même arrivée. Je n’arrive toujours pas expliquer ce refus de découvrir de nouveaux horizons. Tout s’est très bien passé à l’aéroport de Douala : j’ai enregistré mes bagages, j’ai attendu l’embarquement, et quelques minutes plus tard nous étions déjà dans les nuages. Je wanda sur les gens que j’entendais chanter que la première fois en avion fait peur, que les oreilles bourdonnent pendant le décollage et l’atterrissage, et blablabla. Moi ce n’était pas mon problème. Une fois assise dans l’avion, j’ai tapé un sommeil pas possible au point où j’ai failli baver sur l’épaule de mon voisin de droite avec qui j’ai juste eu le temps de partager quelques politesses qui m’ont permis de savoir qu’il continuait aux USA après l’escale en Belgique.

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Apprentissage

Pour apprendre il faut pratiquer,
Pour pratiquer il faut oser,
Pour oser il faut accepter de se tromper,
Pour accepter il faut aimer,
Pour aimer il suffit seulement de savoir regarder

Pour apprendre il faut donc aimer, vivre ce que l’on est en train d’acquérir. Trouver dans chaque moment de la vie une leçon, un plus qui nous fait avancer. C’est se jeter avec passion dans la recherche de solutions, ou observer avec patience et détermination pour trouver quelque chose que l’on avait jusqu’à présent manqué. On peut se demander alors pourquoi beaucoup pensent encore apprendre assis dans une salle sombre, coupée du monde extérieur, oubliée de ceux qui sont censés réfléchir à notre meilleure manière d’acquérir.

C’est que nous-mêmes, souvent, nous avons beaucoup de difficultés à nous libérer des préjugés, des acquis, pour faire un pas de plus vers la vérité. Trouver le bon chemin demande du temps, de l’effort. C’est un long travail vers la réussite, la paix avec soi-même. On peut se demander pourquoi alors certains échouent, manquent de moyens, se perdent dans ces longues années d’école qui passent les unes après les autres et les mènent droit vers un échec non seulement scolaire, mais aussi social et professionnel. Ces étudiants qui manquent de vision sur l’avenir, mais aussi sur eux-mêmes doivent d’abord apprendre ce qui les motive, les rend heureux, et leur fera finalement et définitivement aimer l’apprentissage de toutes ces nouvelles notions. On peut alors se demander, dans cette agitation, quelle peut bien être la place du numérique, des apprentissages « augmentés » comme certains aiment à les appeler. La réponse est simple pourtant : tous ces outils ne servent à rien si l’élève ne sait pas devenir un Homme conscient de lui-même, capable de maîtriser ce qui lui est offert. L’apprentissage du numérique commence alors par un travail complexe, long, et parfois particulièrement difficile de l’individu sur lui-même. Un travail qui peut aller de la simple discussion à la méditation. Car avant d’aller voir une personne « guide » il faut commencer par trouver un peu de sérénité face aux doutes légitimes de la vie. « réussirais-je ? » « trouverais-je un emploi ? » et tout simplement « serais-je heureux dans ma future vie ? ».

Certains croient avoir trouvé une réponse en choisissant de payer cher pour une éducation de qualité, dans des écoles très sélectives. Mais réduire son champ de vision à un panel de personnes qui nous ressemblent car du même milieu social, parfois même religieux, n’est certainement pas une solution puisqu’il ne sera pas ensuite possible de s’adapter au monde extérieur.

Le premier des apprentissages, c’est la confrontation au monde réel, avec la volonté de l’analyser, d’en tirer le meilleur pour avancer mais aussi pouvoir transformer de manière positive notre comportement. Il n’y a pas d’apprentissage sans amour du monde qui nous entoure. Vous n’êtes pas bons en maths ? Apprenez à aimer les maths en les utilisant pour réaliser des projets qui vous plaisent, sortez de la salle de classe poussiéreuse qui vous étouffe. La philosophie vous pose des soucis ? Promenez-vous en réfléchissant, en essayant de trouver vos propres réponses. Aucun livre, aucun avis externe ne pourra remplacer ce que vous aurez découvert petit à petit par vous-même.

Ce cheminement doit commencer dès l’enfance, lorsque l’esprit n’est pas encore bloqué par des préjugés, des religions, des discours politiques ou moraux construits dans le seul but de faire de nous de « bons citoyens ». Nul dieu, nul loi ou discours moralisateur ne saura vous dire comment respecter votre prochain ou votre environnement. La preuve en est que les nombreuses guerres sont souvent provoquées par de « fervents pratiquants » ou des « gens bien et admirables ». Pour apprendre, il faut accepter de chercher soi-même, de se passionner pour la vérité, pour le travail qui consiste à essayer, à se tromper, à se relever et à se rapprocher inlassablement de la vérité. C’est cela, être passionné, c’est cela, aimer. Et c’est avec cet état d’esprit et lui seul (mais je vous laisse le soin d’en essayer d’autres), que vous pourrez profiter au maximum de chaque information qui vous parviendra au travers des formations scolaires, des moocs, livres, …

Il est clair que ce travail est avant tout celui des parents qui doivent donner un maximum de libertés à leurs enfants, sans les brusquer, sans poser de programme ni d’échéances. Ne pas laisser à ses enfants la liberté de choix de formation, de religion, de pensée, … est criminel dans le sens où chaque imposition entraînera une frustration, une sensation de porte fermée qui plus tard, contribuera à construire un individu dépendant d’une autorité et incapable de s’en sortir seul. Un individu qui répondra à l’appel des fanatiques, églises, commerciaux et « leaders » de tous genres, et dont le but ne sera que d’asservir au lieu de guider. Car l’individu n’est libre que lorsqu’il chute de lui-même, après avoir fait ses propres choix. Bien sûr lui tendre la main pour l’aider à se relever, tenter de lui expliquer ce qui l’a fait chuter, ne peut être que bénéfique, mais cela doit se faire dans le plein respect de sa liberté de pensée et d’entreprendre. Il est évident que ce mode de fonctionnement rencontre deux freins majeurs :

– pour commencer nos systèmes basés sur des échéances qui ne laissent pas la place à la patience. On veut aller vite, réussir tout de suite, sans accepter de prendre parfois deux ou trois fois plus de temps pour arriver à l’objectif. L’échec lui-même est un problème de nos jours. On se demande comment se relever avant même d’avoir chuté, on se demande à quoi va servir d’essayer avant d’avoir rêvé de réussir. Il est donc bien difficile pour un individu de trouver son rythme dans ce drôle de labyrinthe que l’on appelle choix, mais qui se révèle finalement être le chemin imposé par ceux qui veulent vous faire croire qu’ils ont « réussi »

– et bien sûr il faudrait pour cela que tout le monde veuille des citoyens à l’esprit critique, qui doutent, qui essaient des chemins qui parfois remettent en question les traditions, religions et dogmes divers. Beaucoup de « leaders » voudront alors détruire cet électron libre qui essaie de se frayer un chemin vers la vérité, vers SA réussite, au risque de susciter des vocations et de remettre petit à petit en cause le pouvoir en place.

Mais s’il est possible de contraindre un Homme à faire quelque chose, et encore, il ne sera jamais possible de le contraindre à penser librement. Cette capacité est ce que l’être humain a de plus cher. Aucun dieu ne vous détournera du chemin que vous avez choisi si vous ne le voulez pas. Mais si vous laissez votre liberté fuir, si vous la vendez, si vous ne l’entretenez pas, d’autres en profiteront pour vous, votre liberté ira grandir leur richesse tandis que vous irez travailler pour eux, penser comme eux, espérant compenser par quelques biens matériels une perte inestimable, celle de pouvoir construire votre vie comme bon vous semble.

Apprendre, c’est construire, c’est échouer et recommencer pour réussir, c’est librement trouver comment acquérir ce qui nous rendra heureux. Apprenez donc pour vous, pour cette vie dont vous rêvez, vous n’en serez que plus heureux. Et vous verrez que cette petite leçon d’histoire, de mathématiques, de géographie, ne sera alors qu’une petite coline à franchir sur le chemin de votre réussite.

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Bienvenue à toi !

Quelque chose arrive, quelque chose de nouveau, d’étrange. Sentiment de chaleur dans le froid de la vie, sensation qui monte en moi, des pieds au bout des doigts. Nouvelle étape, nouvelle marche à franchir avec toi, nouvelles découvertes tant inattendues.
La longue marche des mois a duré, mais finalement nous sommes arrivés, ou plutôt il est arrivé. Par delà les souffrances, la fatigue, parfois la maladie nous avons appris, et désormais aucun retour n’est permis. Mais prêts nous sommes désormais pour affronter pour lui même le pire des ennemis. Et bientôt dans ce petit lit il apportera la vie de ses gazouillis. Petit, fragile, découvrant le monde de ses yeux neufs, s’enrichissant l’esprit de tout ce qu’il pourra toucher, voir, entendre et de plus en plus penser. Le voici enfin notre enfant adoré, et pour nous voici le temps de devenir parents.